Les Coopérateurs Producteurs Forestiers de Haute-Marne sont satisfaits de leur vente d’automne. Les prix du frêne, du hêtre et des résineux sont en hausse. En revanche la conjoncture est plus défavorable au chêne.
Le 5 novembre à Semoutiers avait lieu la vente de bois sur pied des Coopérateurs producteurs forestiers de Haute-Marne (CPF 52). 79 articles, soit 24 400 m³ de bois étaient proposés : 4 400 m³ de chêne, 3 600 m³ de hêtre, 2000 m³ de frêne, 2500 m³ de douglas, 1900 m³ de divers résineux et 10 000 m³ de divers feuillus et houppiers. A cela s’ajoutent 400 m³ de bois en bord de route et 300 tonnes vendues à l’unité de produit.
Plus de 90 % du volume a été vendu, le restant (une dizaine d’articles) étant de petits lots difficiles d’accès. « C’est une vente très satisfaisante, surtout au vu de la conjoncture économique qui ne présageait rien de bon, mais les scieries ont apprécié la qualité des lots », explique Mickaël Léotier, technicien CPF 52.
Les cours se maintiennent en frêne, en hêtre et en résineux. Les lots de frêne ont été vendus à des prix allant de 42 à 131 €/m³ (74 €/m³ de moyenne), le hêtre de 29 à 82 €/m³ (45 €/m³ de moyenne), le douglas à environ 91 €/m³, l’épicéa à 46 €/m³ et le charme à 30 €/m³. Un lot de pin sylvestre est parti à 55 €/m³ et un lot de tremble à 27 €/m³.
En revanche, c’est plus compliqué pour le chêne dont les prix varient de 105 à 451 €/m³, pour une moyenne à 304 €/m³. « Les lots de belles qualités ou de qualités inférieures ont des prix en baisse, seul le niveau intermédiaire se maintient », indique Mickaël Léotier. C’est même le chêne à merrain qui enregistre les plus fortes baisses alors que celui-ci avait auparavant les prix les plus élevés.
Conjoncture compliquée
Cette évolution s’explique tout d’abord par la diminution des prix du bois de trituration et du bois énergie. Et puis le marché de la construction/rénovation est plutôt calme, car les primes de rénovation accordées par l’État semblent être en sursis. Enfin, les taxes Trump freinent les exportations. « Il y a beaucoup moins d’exportations de vin donc logiquement les viticulteurs ne renouvèlent pas leurs stocks de tonneaux », explique Mickaël Léotier.
« On annonce des chutes de prix de 20 à 30 % pour le chêne à merrain, mais on s’attendait à pire. Heureusement les lots de chêne se vendent quand même, car il n’y a pas énormément de bois sur le marché. Certaines scieries ont sûrement acheté des lots, non pas pour les exploiter, mais pour faire du stock en attendant que le marché redémarre ». Et puis la qualité se vend toujours, plusieurs lots de chênes exceptionnels d’1 mètre de diamètre ont été vendus à plus de 400 €/m³.
Cette vente avait la particularité de proposer un lot de châtaigniers, une essence peu présente en Haute-Marne, mais qui a trouvé preneur à 140 €/m³. Un prix satisfaisant pour le CPF 52 : « C’est une expérience concluante. Sachant que le châtaigner pousse vite, cela peut prêter à réflexion pour d’éventuels reboisements, mais à condition que le sol s’y prête, car il n’aime pas le calcaire ».
Après une bonne vente de printemps, le CPF 52 termine l’année sur une vente d’automne tout aussi satisfaisante. Mais qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Car les scieries sont inquiètes face à une conjoncture instable et un climat économique tendu au niveau international.

