La FDPL de Haute-Marne sera en assemblée générale le 4 avril à la Chambre de Commerce et d’Industrie à Chaumont. Son président Florent Cressot nous en dit plus sur le thème qui sera abordé : la place du producteur laitier demain dans les relations commerciales.
Quelle est la réponse syndicale suite à la décision de Lactalis d’abandonner des producteurs ?
Florent Cressot : Au niveau national nous allons monter un collectif avec la FNPL et les JA pour demander à Lactalis des dommages et intérêts. Lactalis octroyait des volumes supplémentaires à des jeunes agriculteurs pour qu’ils puissent financer leur installation, mais a dénoncé leurs contrats quelques mois plus tard. Comme aujourd’hui le droit à produire appartient aux entreprises, rien n’oblige une autre laiterie à reprendre les volumes de Lactalis. La variable d’ajustement est encore une fois le producteur de lait, c’est inacceptable !
Quels sont les dossiers en cours à la FDPL ?
FC : Les négociations commerciales se sont terminées dans un climat tendu car les industriels veulent rogner sur la MPA (Matière première agricole) plutôt que sur leurs charges. Pourtant la loi Egalim dit bien que la MPA est non négociable. C’est pour cela que nous avons fait un relevé des origines pour le beurre, le fromage râpé et l’emmental dans trois supermarchés de Chaumont le 20 mars. On s’aperçoit que dans le beurre il y a souvent de la crème d’origine européenne. On ne veut pas laisser la grande distribution et les transformateurs faire n’importe quoi et mettre en péril la production française.
On est également vigilant sur la FCO-3 car il manque des vaccins et on est à la veille de lâcher les animaux. La maladie a causé une perte de 25 % des naissances, sans parler des problèmes d’infertilité et de production laitière.
Ce qui veut dire qu’à l’avenir il va nous manquer des animaux pour produire, c’est inquiétant si on veut garder une souveraineté alimentaire et des volumes de lait pour nos industriels. De plus la MHE peut arriver en Haute-Marne, mais comme notre département n’est pas touché on n’est pas prioritaire pour les vaccins, donc les délais sont longs. Sachant qu’il y a un rappel à effectuer trois semaines après la première dose, les bêtes seront déjà sorties.
Votre assemblée générale abordera le rôle des producteurs laitiers demain dans les relations commerciales. Pourquoi ce thème ?
FC : Face à des laiteries qui dénoncent des contrats comme Lactalis ou Savencia, l’idée est d’aiguiller et d’accompagner nos OP (Organisations de producteurs) pour qu’elles se restructurent. Elles doivent s’adapter au marché et anticiper les évolutions à venir.
Les OP doivent se réapproprier le droit à produire, détenu actuellement par les laiteries. Qu’à l’avenir elles ne traitent plus avec un seul acheteur, mais plusieurs. Le but est que demain on puisse inverser le rapport de force en mettant en concurrence nos industriels. Ainsi un producteur pourrait à la fin de son contrat changer d’acheteur s’il le désire. Benoit Gavelle, secrétaire général adjoint à la FNPL, évoquera ce sujet et donnera sa vision de l’évolution des OP au niveau national.
On a besoin dès aujourd’hui de réflexions de gens du terrain qui nous expliquent comment on peut mettre en place une stratégie pour travailler différemment. Puis Corentin Puvilland, économiste au Cniel, présentera les volumes de lait et fera un bilan des commercialisations européennes et mondiales, ce qui nous fera rebondir sur l’affaire Lactalis qui prétend avoir des excédents de lait.
L’assemblée générale de la FDPL aura lieu le vendredi 4 avril à la Chambre de Commerce et d’Industrie à Chaumont à 9 h 45.