Le 20 janvier, des représentant de la FDSEA et des JA de Haute-Marne ont rencontré le directeur adjoint de cabinet de la Ministre de l’Agriculture. Lors de cette réunion de travail les syndicats ont demandé des prélèvements plus efficaces, une simplification des procédures de tirs et de meilleures indemnisations.
A Paris le 20 janvier, Sébastien Riottot, président de la FDSEA 52, Thomas Millot, président des JA 52, accompagnés des élus référents loup Samuel Guenin pour la FDSEA et Pierre-Edouard Brutel pour les JA, ont rencontré Laurent Beteille, directeur adjoint de cabinet de la Ministre de l’Agriculture. Ce dernier est en charge du dossier prédation et également interlocuteur de la préfète de la Haute-Marne. Face aux nombreuses prédations (205 attaques pour 825 victimes en 2025 dans notre département) les syndicats avaient sollicité ce rendez-vous depuis longtemps pour aller défendre l’intérêt de tous les éleveurs.
Intégrer le loup dans un plan de chasse
« On a eu deux heures de discussion très technique, on a eu le temps de rentrer dans tous les détails, rien n’a été oublié », assure Sébastien Riottot. Les échanges ont porté en priorité sur la nécessité de rendre les tirs de prélèvement plus efficaces, quitte à intégrer le loup dans un véritable plan de chasse. « Une protection efficace ne peut pas se faire sans la régulation. Pour baisser la pression des attaques il faut baisser le nombre de loups », affirme le président de la FDSEA. « Il n’y a toujours pas eu de prélèvements en Haute-Marne alors que la situation est urgente. On voudrait que le loup soit inscrit dans le plan chasse car les chasseurs sont les plus aptes à réaliser des tirs efficaces ».
Les syndicats ont également demandé des avancées concrètes sur les indemnisations, avec une meilleure prise en compte des pertes d’exploitation. « Quand il y a une attaque, le minimum c’est d’indemniser l’éleveur », souligne Sébastien Riottot. Thomas Millot, souhaite « une indemnisation à la hauteur car actuellement on ne prend en compte que les bêtes mortes et pas le retard de production ou les avortements ». Concernant l’aide au répit, il considère que « ce n’est pas à la MSA de prendre en charge le coût du dispositif mais à l’État de faire le nécessaire ».
Les élus souhaitent aussi une absence de pénalité pour les exploitations situées en cercle 2 avec un maintien des aides financières. Parmi les autres revendications figurent la légalisation des lunettes thermiques ou encore la facilitation de la mise en place et de l’entretien des clôtures (notamment via le désherbage chimique). « Les clôtures coutent cher en temps et en argent, il nous faut des moyens », indique Sébastien Riottot.
Simplifier les procédures de tirs
Autre requête portée par la FDSEA et les JA : la simplification des procédures de tirs en zone de plaine. « Il faut un assouplissement des règles de tirs pour pouvoir prélever les loups rapidement, les règles actuelles ne sont pas du tout adaptées à des territoires comme chez nous », précise Thomas Millot. « Un arrêté ministériel pour faciliter les tirs de défense devait sortir début janvier mais a été annulé. Face à la violence et à l’augmentation du rythme des attaques, ils se sont rendus compte que l’arrêté n’était pas adapté ».
Les syndicat attendent maintenant des décrets et des mesures spécifiques à la prédation dans le cadre de la loi d’urgence agricole annoncée par le Premier ministre (sous réserve de stabilité gouvernementale). « On a senti une volonté d’avancer sur ce sujets et une prise en compte de l’urgence de la situation, mais maintenant on veut des actes rapides, il faut des solutions avant la mise à l’herbe des ovins », soutient Sébastien Riottot. Un échange avec la Ministre de l’Environnement reste nécessaire pour faire avancer les solutions. « Le problème c’est que le ministère de l’environnement semble rester sur une position plutôt idéologique au lieu d’écouter les remontées du terrain. C’est pourtant les éleveurs haut-marnais qui subissent la prédation, c’est eux qui connaissent le mieux la situation », souligne Thomas Millot.
La Ministre de l’Agriculture est attendue prochainement sur le terrain. Une visite espérée avec impatience par les syndicats, mais qui doit être accompagnée « d’annonces concrètes car l’agriculture doit être au-dessus de la prédation ».

