Les syndicats et la Chambre d’agriculture ont porté la voix des agriculteurs haut-marnais auprès de Bruno Sido.

Loi d’urgence : la profession agricole rencontre Bruno Sido

Le 15 juin le sénateur Bruno Sido a reçu des représentants du monde agricole qui ont exprimé leurs attentes concernant le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, bientôt examiné par le Sénat.

Après son adoption à l’Assemblée Nationale, le projet de loi d’urgence agricole va être examiné par le Sénat à la fin du mois. A cette occasion les représentants de la Chambre d’agriculture, de la FDSEA, de la FDPL et des JA de Haute-Marne ont rencontré le sénateur Bruno Sido pour lui présenter plusieurs propositions d’amendements. Ils ont souligné la nécessité de redonner des moyens de production aux agriculteurs, de garantir une concurrence équitable avec nos voisins européens et de renforcer la souveraineté alimentaire française.

Les représentants du monde agricole souhaitent une meilleure défense des éleveurs face à la prédation. Thomas Millot, président des JA, demande « une politique courageuse », rappelant que les attaques de loups sont un frein à l’installation des jeunes. Bruno Sido souhaite « remettre du bon sens pour protéger nos éleveurs », d’autant plus que les loups s’attaquent désormais aux bovins.

La FDPL met l’accent sur le renforcement de la loi Egalim et une meilleure transparence dans les relations commerciales. Bruno Sido déplore que les industriels trouvent des solutions pour contourner la loi : « les centrales d’achats ne sont plus en France mais à l’étranger ». Thierry Lahaye, président de la Chambre d’agriculture, considère qu’il y a « un rééquilibrage à inventer car notre marge est grignotée ». Ainsi, l’instauration d’un tunnel de prix permettrait la préservation et la répartition de la valeur ajoutée dans les filières. « Si on avait plus de traçabilité sur les produits transformés on encouragerait la consommation de fromage français. On veut renforcer la transparence », indique Caroline Guillaume, directrice de la FDPL.

Marché unique, moyens identiques

Pour la FDSEA un marché unique implique des moyens (phytosanitaires, insecticides, antibiotiques) identiques pour tous. Bruno Sido trouve « inadmissible » que la France fasse des surtranspositions. Selon lui « tous les pays européens devraient avoir exactement la même règlementation ». Il cite la présence simultanée d’une agence sanitaire française et européenne. « Il y en a une de trop. Cela ne veut pas forcément dire en supprimer une, mais qu’elle ne fassent pas la même chose. Ce sont des choses aussi simples que ça qui agacent le monde agricole ».

L’allègement des contraintes liées à la construction des bâtiments d’élevage est également souhaitée par la profession agricole. Pour Bruno Sido, la France doit être « à armes égales administrativement et socialement » avec les autres pays européens.

Les syndicats ont aussi abordé la gestion de l’eau et la sécurisation de l’irrigation. Bruno Sido trouve « dommage d’avoir de l’eau qui inonde en hiver et se retrouver à sec en été, il faut permettre aux agriculteurs de s’organiser pour stocker de l’eau. Certaines communes ne sont pas capables de fournir de l’eau pour abreuver les animaux. Il y a un vrai problème et il va falloir trouver des solutions ». Pour Thierry Lahaye, la priorité est de « réfléchir intelligemment au partage des usages de l’eau avec les collectivités ».

D’autres sujets ont été évoqués comme une meilleure protection des agriculteurs contre les violences, injures et diffamations, le sanitaire en élevage avec l’émergence des nouvelles maladies, ou encore la protection du foncier agricole.

Thibaut Morillon