Le SDPPR 52 regroupe 146 adhérents.

Les propriétaires privés ruraux acteurs de la transmission des exploitations

Le syndicat départemental de la propriété privée rurale de Haute-Marne (SDPPR 52) était en assemblée générale le 19 juin à Chaumont. Les propriétaires ont un rôle essentiel à jouer alors que 10 millions d’hectares de terres vont potentiellement changer de main dans les 7 prochaines années.

Le SDPPR 52 a pour mission de défendre les intérêts des propriétaires fonciers et ruraux. Il s’appuie sur une fédération nationale présente dans 70 départements, forte de 10 000 adhérents et plus de 600 bénévoles au service du monde rural.

La France métropolitaine compte 28 millions d’hectares pour 4 millions de propriétaires, soit une moyenne de 7 ha par propriétaire. « 70 % de ces biens sont en fermage, ce qui veut dire que les fermiers ont besoin de propriétaires », déclare Marylène Gillot, présidente du SDPPR 52.

Un moment charnière


La mission du syndicat demeure plus que jamais d’actualité, car l’agriculture française est à un moment charnière. Plus de 150 000 agriculteurs vont partir en retraite dans les 7 prochaines années, ce qui veut dire que 10 millions d’hectares vont être libres et changeront potentiellement de main. Face à ce défi sans précédent les propriétaires fonciers ruraux ont évidemment un rôle essentiel à jouer.

« Vous (les propriétaires) êtes détenteurs d’un patrimoine, vous êtes des acteurs de la transmission des exploitations, du maintien de l’activité agricole, de la préservation des paysages et la vitalité économique des territoires. Notre syndicat porte cette vision claire : le propriétaire rural doit être reconnu comme un partenaire incontournable du développement agricole et rural. Nous défendons un cadre réglementaire plus simple, plus équitable et davantage adapté aux réalités du terrain », explique Marylène Gillot.

Le syndicat souhaite préserver la souveraineté alimentaire en favorisant la conservation et la transmission des terres agricoles. Il plaide également pour une modernisation du statut du fermage afin de redonner de l’attractivité à l’investissement foncier agricole et favoriser le renouvellement des générations. « Le statut du fermage a 80 ans et ne correspond plus aux besoins d’aujourd’hui », souligne la présidente.

« Nous poursuivons également notre combat pour une fiscalité plus juste et nous souhaitons être davantage entendus et représentés dans les instances de décisions », indique Marylène Gillot. Elle rappelle que le syndicat accompagne la transition environnementale en encourageant des solutions conciliant activité agricole, biodiversité, gestion durable de l’eau, replantation de haie et développement raisonné dans de nouvelles formes de productions énergétiques.

Défendre les propriétaires


La fédération nationale de la propriété privée rurale a obtenu et contribué à plusieurs avancées importantes comme la prise en compte des liens entre foncier et biodiversité ou encore la défense du droit de propriété dans plusieurs débats législatifs. Au niveau départemental le SDPPR 52 siège dans plusieurs commissions et instances pour représenter les intérêts des propriétaires : la Commission départementale de préservation des espaces naturels agricoles et forestiers (CDPENAF), le tribunal paritaire des baux ruraux, la Safer, le Parc national de forêts, la commission départementale d’orientation agricole (CDOA) et la commission consultative départementale paritaire des baux ruraux (CCDPBR).

Le syndicat offre également conseils et accompagnements juridiques lors de ses permanences à la Maison de l’Agriculture à Chaumont. Le syndicat le répète : mieux faire une conciliation avec son fermier plutôt que d’entamer une procédure en justice qui est longue et onéreuse.

Attractivité du foncier


A l’approche des élections présidentielles, le syndicat plaide pour un rééquilibrage des relations entre bailleur et preneur, toujours dans la conciliation.
« Il faut revoir certaines règles de préemption afin de favoriser la transmission aux agriculteurs et surtout pour l’installation des jeunes », assure Marylène Gillot. Selon elle la question de l’attractivité du foncier est essentielle, car « aujourd’hui les revenus ne sont plus suffisants avec toutes les charges qui nous incombent ». La fédération nationale des propriétaires privés ruraux s’est engagée dans une réflexion sur cette fiscalité, « de telle manière à ce que les propriétaires mettent durablement leurs terres à disposition des agriculteurs, que ce soit du gagnant gagnant pour tout le monde ».

Enfin le syndicat va axer ses efforts sur la biodiversité : l’entretien des haies, des chemins et des zones humides. « Mon ambition est simple, je souhaite construire une politique rurale qui va concilier politique et production agricole, respect de l’environnement, attractivité économique et défense de la propriété, parce que sans propriétaires engagés il n’y aura ni transmission des exploitations, ni investissement durable, ni véritable développement de nos territoires ruraux », rappelle Marylène Gillot.
Les propriétaires privés ruraux doivent donc relever de nombreux défis, mais pour la présidente ces défis représentent une opportunité unique de préparer l’avenir du foncier rural. « Ensemble nous devons poursuivre notre action afin de transmettre aux générations futures notre patrimoine vivant, productif et durable », conclut-elle.

Le SDPPR 52 sera présent le 23 août à la fête de l’agriculture à Richebourg, ainsi qu’à la foire de Montigny le 27 septembre.

TM