De riches débats lors de cette rencontre.

« Les paysans et les filières sont à bout », alerte la FDSEA

La FDSEA a organisé un débat à la ferme, le 24 septembre à l’EARL des Charmes à Colombey-les-Deux-Eglises. Une rencontre sur le terrain pour partager les difficultés rencontrées par les exploitants et proposer des solutions.

Sécheresse, baisse des rendements, hausse des charges… face aux nombreuses problématiques, la FDSEA a organisé ce moment d’échange pour répondre aux interrogations des exploitants et réfléchir à des solutions pour maintenir le cap face à une année difficile.

Ainsi rendez-vous était donné à l’EARL des Charmes, une exploitation de 245 ha, 130 vaches laitières pour 580 000 l de lait avec un atelier de taurillons. Installé depuis 1996, Stéphane Deramond explique qu’il « ne peut pas se projeter à cause de la volatilité des cours », ce qui l’empêche d’investir dans un projet.

Son père, Michel Deramond, qui s’est installé en 1975 explique qu’« auparavant quand il y avait une crise, celui qui travaillait bien pouvait quand même s’en sortir, mais aujourd’hui ce n’est plus possible ». Il ajoute qu’« il n’y a pas de rendements cette année » , que « la récolte de tournesol va être catastrophique » et qu’« il n’y pas eu assez de maïs, il a fallu en acheter ».

Cette exploitation du Barrois est l’illustration des difficultés rencontrées par les agriculteurs cette année. Pour Sandrine Brauen, secrétaire générale de la FDSEA, « toutes les filières sont touchées ». D’après le président de la FDSEA, Sébastien Riottot, « c’est une crise majeure qui s’ajoute à plusieurs années déjà compliquées. On n’a jamais connu ça. Pour beaucoup d’agriculteurs c’est un arrêt de production. L’agriculture française va perdre au moins 10 milliards d’euros cette année. Les conséquences vont être terribles ».

Stocker du fourrage et de l’eau

Pour la FDSEA, les agriculteurs n’ont plus de marge, certains éleveurs n’auront d’autre choix que de décapitaliser, avec des conséquences importantes pour les filières. Il précise que suite au plan d’urgence environ 200 fermes haut marnaises bénéficieront d’une aide allant de 5000 à 6000 euros, une somme insuffisante pour le syndicat.

« Il nous faut des aides orientées vers le stockage de fourrage et le stockage d’eau. Les paysans et les filières sont à bout », alerte Sébastien Riottot. Parmi les autres solutions évoquées : la diversification des productions ou encore le développement de nouvelles activités comme les énergies ou l’élevage de volaille. Mais pour pouvoir s’adapter les exploitants doivent avoir les moyens et la possibilité de faire évoluer leurs exploitations, en fonction de leur situation et des opportunités de leur territoire.

Thibaut Morillon