Face aux attaques de loup, la préfète veut « préserver les équilibres »

Lors d’une conférence de presse le 16 avril à Chaumont, la préfète Régine Pam a indiqué que le loup prélevé était un jeune mâle. Elle rappelle que le meilleur moyen de protection reste les clôtures et que les éleveurs chasseurs peuvent faire une déclaration de tir de défense à la DDT.

La préfète Régine Pam souligne que le loup est « installé durablement en Haute-Marne ». 2025 était une année record avec 182 constats d’attaques lupines pour 814 victimes, soit 55 éleveurs concernés sur 31 communes dans le Bassigny.
225 000 € d’indemnisations ont été versés aux éleveurs cette année-là. Entre le 1er janvier et le 16 avril 2026, l’OFB avait déjà réalisé 56 constats pour 363 victimes.

En France la moyenne est de deux victimes par attaque, mais en Haute-Marne ce chiffre était de quatre en 2025 et même six cette année. Un nouvel arrêté, applicable au 1er avril 2026, autorise les tirs de prélèvement dès le 1er janvier (au lieu du 1er juillet précédemment). Mais ils sont interdits du 15 avril au 15 juin, car c’est la période de mise bas.

Le délai était donc court, surtout que la chasse est interdite le mercredi en Haute-Marne. La préfète a pris un arrêté ordonnant le prélèvement de deux loups maximum entre le 2 (le 1er était un mercredi) et le 14 avril sur 11 communes du Bassigny ayant subi des dommages exceptionnels.

Pendant cette période il y a eu 107 sorties de louvetiers et 14 sorties de la brigade mobile d’intervention avec des opérations à l’affût la nuit ainsi que deux journées de battue dans un périmètre de 600 ha. Dans la nuit du 13 au 14 avril un jeune mâle de 36 kg en posture d’attaque d’un troupeau a été prélevé par un tir de 204 mètres réalisé par un agent habilité par l’Etat. « Toutes les autres nuits, il n’y a jamais eu de contact visuel avec le loup », assure la préfète. D’après l’OFB il reste 7 individus en Haute-Marne.
Régine Pam rappelle qu’il ne s’agit pas d’une destruction de l’espèce, mais « de préserver les équilibres, de faire en sorte que la pression du loup sur les élevages haut-marnais diminue ».
Elle souligne que la meilleure protection d’un troupeau reste les clôtures anti-loups. Dans le Bassigny 51 éleveurs sont équipés de ce type de clôtures. Par ailleurs la Préfecture recherche des louvetiers (lire en page 03).

Pour Thomas Millot, président des JA 52, « on est loin d’être au bout de la crise, les agriculteurs sont très inquiets pour l’avenir, car il y a une filière qui est en danger et le loup freine l’installation des jeunes. On avance à petits pas, on veut continuer à travailler avec les services de l’Etat ».

Une déclaration pour les tirs de défense


Le nouvel arrêté simplifie l’accès aux tirs de défense en passant d’un régime d’autorisation dérogatoire à un régime de déclaration préalable. Les éleveurs chasseurs peuvent désormais défendre leur troupeau à condition d’avoir déposé une demande de déclaration auprès de la DDT et d’avoir reçu un récépissé.

La déclaration de tir est valable deux ans si le parc n’est pas protégé et cinq ans si le parc est protégé.
Les tirs ne peuvent être réalisés qu’à côté d’un parc avec un troupeau, les lunettes thermiques sont interdites et la zone doit être éclairée au moment du tir.

Pour faire une demande de tir de défense rendez-vous sur le site internet de la Préfecture : haute-marne.gouv.fr rubrique « Actions de l’État » puis « Environnement, eau, biodiversité, pêche, chasse », puis « Le loup en Haute-Marne » et enfin « Déclarer une demande de tir de défense ».

TM